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Le poids de Mathieu Blanchard est-il parfait ? Analyse complète de son gabarit

À 1,80 m pour environ 70 kg en compétition, le poids de Mathieu Blanchard fascine autant qu’il interroge. Léger pour sa taille, mais capable de perdre jusqu’à 10 kg en une semaine lors de projets extrêmes, l’ultra-traileur franco-canadien entretient un rapport au corps hors norme. Est-ce réellement un poids parfait ? L’analyse s’impose.

Un gabarit atypique dans le monde du trail

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Mathieu Blanchard ne ressemble pas au profil classique de l’ultra-traileur de montagne. Là où les spécialistes comme Kilian Jornet (1,75 m / 63 kg) ou François D’Haene (1,73 m / 65 kg) affichent des gabarits compacts, Blanchard se distingue par une stature plus grande et une masse musculaire plus importante. Sa physionomie rappelle davantage celle de Jim Walmsley (1,80 m / 68 kg), l’autre grand coureur américain à qui il ressemble morphologiquement.

Sur les sentiers, cette taille lui offre une foulée naturellement plus ample dans les sections roulantes. Sur les descentes techniques, elle exige en contrepartie une maîtrise irréprochable du centre de gravité, une qualité que Blanchard a développée au fil des saisons et des milliers de kilomètres avalés en montagne.

AthlèteTaillePoidsIMC estimé
Mathieu Blanchard1,80 m70 kg21,6
Kilian Jornet1,75 m63 kg20,6
Jim Walmsley1,80 m68 kg21,0
François D’Haene1,73 m65 kg21,7

70 kg : un poids de compétition construit sur la durée

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Ce poids de forme autour de 70 kg n’est pas le fruit du hasard. Avant de basculer dans le monde du trail professionnel, Mathieu Blanchard pesait environ 80 kg, le profil d’un homme actif mais encore loin des exigences de l’ultra-endurance de haut niveau. Sa transformation physique s’est opérée progressivement, au rythme de ses saisons et de ses succès.

Vers 2016, ses débuts en trail le voyaient tourner autour de 75 kg. C’est entre 2020 et 2021, au moment de ses premières grandes performances à l’UTMB, que son poids se stabilise durablement autour de 70 kg. Une stabilisation qui coïncide avec l’obtention d’une troisième place en 2021, puis d’une deuxième place en 2022. La corrélation entre poids optimal et résultats n’a rien d’une coïncidence.

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Une reconstruction musculaire, pas une simple perte de poids

Ce qui distingue l’évolution de Blanchard, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple amincissement. La masse musculaire inutile a laissé place à une musculature spécifique à l’endurance, plus fine, plus efficiente sur le plan de la consommation d’oxygène. Chaque kilogramme restant a été conservé parce qu’il remplit une fonction précise sur les sentiers. Son rapport taille-poids actuel se situe dans une zone que les analyses biomécaniques des champions d’ultra-trail considèrent comme particulièrement efficace sur des épreuves dépassant 100 kilomètres.

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Des variations de poids qui défient l’entendement

Là où le sujet devient véritablement saisissant, c’est lorsqu’on aborde la notion de variations pondérales saisonnières. Blanchard a lui-même confié pouvoir perdre jusqu’à 10 kg en une semaine, et les récupérer presque aussi vite. Un chiffre qui serait alarmant pour un sportif amateur, mais qui s’explique ici par une logique bien précise.

Ces oscillations correspondent à des phases identifiées dans son calendrier annuel. En hiver, la priorité va au renforcement musculaire intensif, notamment via le ski de randonnée. La masse augmente, en particulier au niveau des jambes. À l’approche des grandes courses, un affûtage rigoureux prend le relais : entraînement élevé, restrictions contrôlées, et le poids chute rapidement.

Les mécanismes physiologiques derrière ces chiffres

Ces variations ne touchent pas uniquement la masse grasse. Plusieurs éléments fluctuent simultanément :

  • Les réserves de glycogène musculaire et hépatique
  • L’eau stockée dans les muscles (chaque gramme de glycogène retient plusieurs grammes d’eau)
  • Le contenu digestif
  • Une part de masse musculaire lors des efforts les plus extrêmes
  • La masse grasse, réduite en phase d’affûtage ou d’aventure polaire

Quand un coureur réduit son alimentation et amplifie son volume d’entraînement, les réserves énergétiques s’effondrent rapidement. Le poids suit le mouvement. À l’inverse, lors des phases de récupération, le corps recharge ses stocks et plusieurs kilos réapparaissent en quelques jours seulement.

Le Yukon : laboratoire des extrêmes

C’est sans doute lors de ses aventures polaires, comme la Yukon Arctic Ultra, que ces variations atteignent leur ampleur maximale. Dans les immensités glacées du nord du Canada, Blanchard soumet son organisme à des contraintes que très peu d’athlètes ont connues. Froid extrême, effort quasi ininterrompu, manque de sommeil, difficulté à absorber suffisamment de calories : l’équation énergétique devient presque insoluble.

Même avec une préparation nutritionnelle soignée, les dépenses dépassent les apports. L’organisme puise alors massivement dans ses réserves. Ces transformations ne traduisent pas seulement une perte de graisse, mais aussi une diminution des stocks glycogéniques, de l’eau associée et parfois d’une partie de la masse maigre. Des conditions qui feraient flancher n’importe quel programme alimentaire standardisé.

6 000 calories par jour : l’autre face du champion

Maintenir 70 kg quand on dépense jusqu’à 6 000 kilocalories par jour lors des semaines d’entraînement les plus intenses, c’est un défi en soi. Ce chiffre, obtenu grâce à un protocole scientifique rigoureux basé sur l’analyse d’urine avec de l’eau doublement marquée, donne le vertige. À ce niveau de dépense, l’objectif principal n’est plus de manger sainement : c’est d’ingérer suffisamment pour éviter un déficit énergétique chronique.

Blanchard le reconnaît volontiers : il lui arrive de mal manger. Non pas par négligence, mais parce que couvrir de tels besoins caloriques uniquement avec des aliments non transformés relève de l’impossible au quotidien. Ce pragmatisme nutritionnel est partagé par de nombreux ultra-traileurs de haut niveau, pour qui la quantité prime souvent sur la qualité dans les périodes de charge maximale.

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De l’expérimentation à l’instinct

Au fil des années, Mathieu Blanchard a testé une multitude d’approches : jeûne hydrique d’une semaine, sorties longues à jeun jusqu’à six heures, stratégies riches en glucides jusqu’à 200 g par heure en vélo, nutrition quasi exclusivement liquide. Chaque expérience a nourri une connaissance intime de son organisme. Résultat : il a trouvé son équilibre à environ 80 g de glucides par heure en course, majoritairement sous forme liquide. Au-delà, il ressent une saturation mentale que son instinct lui commande de respecter.

Un corps qui revient toujours à son équilibre

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Ce qui frappe peut-être le plus dans le rapport de Blanchard à son poids, c’est la capacité de son organisme à se réguler. Malgré des oscillations spectaculaires, son corps retrouve toujours une zone de référence stable. Ce phénomène, observé chez plusieurs sportifs d’endurance, confirme que le métabolisme cherche naturellement un point d’équilibre, à condition que les charges extrêmes ne soient pas trop fréquentes ou prolongées.

Après les aventures les plus éprouvantes, la récupération peut prendre jusqu’à trois mois. Trois mois pendant lesquels la machine se répare, les réserves se reconstituent, et l’envie de repartir se réinstalle. Cette résilience physiologique, combinée à des tests biologiques réalisés en clinique de longévité qui le placent biologiquement plus jeune que son âge civil, dit quelque chose de fort sur la cohérence de sa gestion corporelle sur le long terme.

Le cas Blanchard dépasse largement la question du poids idéal. Il illustre que dans le trail de haut niveau, la performance est une alchimie complexe entre physiologie, nutrition, expérimentation et intelligence du corps. Son palmarès, avec notamment une deuxième place à l’UTMB 2022 et une victoire à la Diagonale des Fous 2024, prouve que son équilibre pondéral, aussi atypique soit-il, fonctionne. Les passionnés de running qui suivront ses prochaines courses auront à nouveau l’occasion de mesurer ce que 70 kg bien construits peuvent accomplir sur les sentiers les plus exigeants du monde.

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Quentin, 27 ans, passionné par le Trail depuis plusieurs années. Je vous partage les résultats Trail et Running en live !

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