Nom de l’auteur/autrice :Quentin

Quentin, 27 ans, passionné par le Trail depuis plusieurs années. Je vous partage les résultats Trail et Running en live !

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Kilian Jornet

Kilian Jornet au Mont-Blanc : son record en 4h57 décrypté

Le record du Mont-Blanc à pied de Kilian Jornet est de 4 heures 57 minutes et 40 secondes, établi le 11 juillet 2013 en aller-retour depuis l’église de Chamonix jusqu’au sommet à 4 809 mètres d’altitude. Une performance qui a rayé 13 minutes d’un record vieux de 23 ans et qui reste à ce jour la référence absolue pour une ascension sans skis. 11 juillet 2013 : le jour où tout a changé À 4h46 du matin, Kilian Jornet et Mathéo Jacquemoud s’élancent du porche de l’église Saint-Michel de Chamonix. Ils empruntent la voie classique des Grands Mulets, sur la face nord, couvrant 30 kilomètres aller-retour pour 3 800 mètres de dénivelé positif. Le duo atteint le sommet en 3 heures 33 minutes, à une cadence d’ascension frôlant les 1 100 mètres par heure sur la portion finale. La descente vire au solo. Mathéo Jacquemoud chute dans une petite crevasse à mi-parcours, sans gravité sérieuse. Jornet, après s’être assuré que son compagnon est en sécurité avec le caméraman Vivian Bruchez, continue seul. Il rentre à l’église en 1 heure 24 minutes supplémentaires, soit un total de 4h57min40s. En arrivant, Kilian déclarera : « Je pense que le record est pour nous deux, même si je suis le seul à rejoindre l’église. » Les conditions de neige, particulièrement portantes ce jour-là, ont permis des glissades rapides et une descente en courant sans s’enfoncer. Une fenêtre météo que Jornet et Jacquemoud avaient anticipée après une première tentative infructueuse quelques semaines plus tôt. Tableau chronologique du record Date Athlète Temps Mode 1986 Laurent Smagghe 6h 47 min 19 s À pied 1990 Pierre-André Gobet (Suisse) 5h 10 min 44 s À pied 11 juillet 2013 Kilian Jornet 4h 57 min 40 s À pied (FKT actuel) Mai 2025 Benjamin Védrines 4h 54 min 41 s À ski 2025 William Boffelli 4h 43 min 24 s À ski 2026 Mathéo Jacquemoud & Samuel Equy 4h 41 min 24 s À ski (FKT absolu actuel) Décryptage de la performance chiffre par chiffre L’aller-retour Chamonix-sommet couvre environ 30 kilomètres sur un terrain mixte : chemins, moraines, glaciers crevassés et arête sommitale. Le dénivelé positif de 3 800 mètres représente l’équivalent de gravir la Tour Eiffel plus de dix fois de suite, sans pause, à vitesse de course. Pour la montée seule, Jornet a maintenu une allure d’environ 18 km/h de dénivelé horaire, soit bien au-dessus de ce que les meilleurs skyrunners atteignent en conditions optimales. La descente en 1h24, depuis 4 809 mètres jusqu’à Chamonix à 1 035 mètres, représente elle aussi une prouesse. Soit 3 774 mètres de descente en 84 minutes, glissant sur la neige dure dans des baskets adaptées, sans crampons sur les sections enneigées les plus douces, en jouant le terrain comme un skieur hors piste. C’est cette liberté technique, acquise depuis l’enfance dans les Pyrénées, qui a permis cette vitesse de descente hors norme. Les stats clés du record

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Kilian Jornet

VO2 Max de Kilian Jornet : analyse complète d’une physiologie hors du commun

La VO2 Max de Kilian Jornet est estimée entre 88 et 92 ml/min/kg, avec une mesure précise de 89,5 ml/min/kg réalisée par le Dr Daniel Brotons Cuixart, spécialiste du sport à l’Université de Barcelone. Ce chiffre place le Catalan parmi les athlètes les plus dotés jamais testés en laboratoire, dans n’importe quelle discipline d’endurance. Un chiffre qui sort de l’ordinaire Pour saisir l’ampleur de cette valeur, il faut la replacer dans son contexte. Un homme sédentaire affiche en moyenne 30 à 35 ml/min/kg. Un coureur amateur régulier grimpe à 45-55 ml/min/kg. Les meilleurs marathoniens mondiaux se situent entre 70 et 85 ml/min/kg. Kilian Jornet, lui, dépasse tout le monde ou presque. Le record absolu mesuré en laboratoire appartient au cycliste norvégien Oskar Svendsen, testé à 97,5 ml/min/kg à 18 ans en 2012. Jornet ne se situe que quelques points en dessous, ce qui place son profil aérobie dans une catégorie réservée à une infime fraction des êtres humains. Dès l’âge de 18 ans, Kilian affichait déjà une VO2 Max de 83 ml/min/kg, un score exceptionnel pour un jeune athlète encore en plein développement. Sa progression jusqu’à 89-92 ml/min/kg illustre à quel point les années d’entraînement intensif ont amplifié un potentiel génétique déjà remarquable. Tableau de comparaison des VO2 Max Profil VO2 Max (ml/min/kg) Niveau Homme sédentaire 30 – 35 Aucune pratique sportive Coureur amateur régulier 45 – 55 Courses populaires Athlète compétiteur régional 55 – 65 Podiums régionaux Élite marathon / cyclisme 70 – 85 Niveau international Kilian Jornet 88 – 92 Extra-terrestre Mathieu Blanchard (trail) ~80 Top mondial UTMB John Ngugi (fond olympique) ~85 Champion olympique 5000m Oskar Svendsen (cyclisme) 97,5 Record mondial mesuré La physiologie complète de Jornet La VO2 Max ne raconte qu’une partie de l’histoire. Ce qui distingue vraiment Kilian Jornet, c’est la cohérence de tous ses paramètres physiologiques, chacun repoussant les limites dans sa catégorie. C’est la combinaison de tous ces indicateurs qui crée un profil aussi atypique. Un cœur qui bat lentement au repos mais explose vers 205 bpm à l’effort, des poumons plus volumineux que la moyenne, un corps presque dépourvu de masse grasse inutile. Chaque système du corps fonctionne en symbiose parfaite. L’altitude comme terrain de développement Kilian Jornet n’est pas né en laboratoire. Il a grandi à 2 000 mètres d’altitude, au refuge de Cap de Rec dans les Pyrénées catalanes, tenu par son père. Dès ses premiers mois de vie, son organisme a commencé à s’adapter à la pression atmosphérique réduite, en produisant davantage de globules rouges et en optimisant l’extraction d’oxygène au niveau cellulaire. À 18 mois, il marchait déjà 4 à 5 heures sans fatigue. À 3 ans, il gravissait son premier sommet à 3 000 mètres. À 5 ans, l’Aneto, point culminant des Pyrénées à 3 404 mètres. À 10 ans, la traversée complète des Pyrénées. Ces années de stimulus en altitude constituent une acclimatation naturelle que les athlètes professionnels tentent d’imiter avec des stages ou des tentes hypoxiques. La science du sport parle d’adaptations hématologiques : un taux d’hémoglobine plus élevé, une densité capillaire musculaire accrue et une meilleure tolérance à l’hypoxie. Chez Jornet, ces adaptations ne sont pas le fruit de protocoles artificiels mais d’une vie entière passée dans les hauteurs. Le rôle du ski-alpinisme dans la construction du moteur Avant d’être un traileur, Kilian Jornet est un champion du monde de ski-alpinisme cadet. Cette discipline, peu connue du grand public, est l’une des plus exigeantes sur le plan cardio-vasculaire : les montées explosives à la montée, souvent sur plusieurs milliers de mètres de dénivelé, développent une puissance aérobie exceptionnelle. Les quadriceps, les fessiers et le système cardio-respiratoire y sont sollicités à des intensités rarement atteintes en trail. Cette base bâtie en ski-alpinisme explique pourquoi Jornet ne souffre pas sur les sections techniques en montée, là où la majorité des ultra-traileurs voient leur fréquence cardiaque exploser. Son organisme a appris, dès l’adolescence, à tolérer et récupérer de sollicitations très intenses, répétées sur de longues durées. C’est ce fond de moteur unique qui lui permet d’enchaîner 1 500 heures d’entraînement par an sans s’effondrer. VO2 Max et performance : ce que dit la science La VO2 Max mesure la quantité maximale d’oxygène qu’un organisme peut extraire et utiliser pendant un effort intense, exprimée en millilitres par minute et par kilogramme de poids corporel. Plus cette valeur est élevée, plus les muscles peuvent produire d’énergie par voie aérobie, c’est-à-dire sans s’encrasser d’acide lactique. Mais attention : la VO2 Max n’explique pas tout. Deux facteurs complémentaires entrent en jeu. D’abord, le seuil anaérobie, soit la vitesse ou l’intensité à laquelle l’organisme bascule dans une filière énergétique non durable. Chez Jornet, ce seuil se situe à environ 95% de sa FCmax, une valeur rare même chez les élites. Ensuite, l’économie de course : l’efficience mécanique qui détermine la quantité d’oxygène nécessaire pour se déplacer à une vitesse donnée. Jornet combine les trois à des niveaux rarement vus simultanément. Peut-on développer sa VO2 Max ? Oui, mais avec méthode. Pour un coureur amateur, des séances de fractionné court (30/30, 1 min/1 min) à intensité élevée, répétées deux fois par semaine, permettent d’améliorer la VO2 Max de 5 à 15% en quelques mois. Les gains les plus importants surviennent chez les débutants ou après une longue période de sédentarité. Pour les athlètes déjà entraînés, les marges de progression deviennent plus minces. Le plateau génétique reste une réalité : on ne transforme pas un coureur ordinaire en Kilian Jornet à coups de séances intensives. La science estime que 50% de la VO2 Max est d’origine génétique, le reste relevant de l’entraînement et du mode de vie. Mais cette part de 50% représente déjà un levier considérable pour progresser et se rapprocher de son propre potentiel maximal. 1 500 heures par an : l’entraînement comme variable cachée Derrière les chiffres impressionnants se cache un volume d’entraînement colossal. Kilian Jornet cumule en moyenne 1 500 heures de sport par an, dont 1 000 heures de ski et 500 heures de course à pied,

Kilian Jornet

Kilian Jornet à l’Everest : analyse du temps record et double ascension sans oxygène

En mai 2017, Kilian Jornet a gravit l’Everest en 26 heures depuis le monastère de Rongbuk (5 100 m), sans oxygène artificiel ni corde fixe. Une performance qui a redéfini les frontières de l’alpinisme moderne et propulsé l’athlète catalan au rang de légende. Un exploit signé le 22 mai 2017 Dans la nuit du 21 au 22 mai 2017, Kilian Jornet s’élance depuis le monastère de Rongbuk, à 5 100 mètres d’altitude, sur la face nord tibétaine de l’Everest. Seul, sans bouteille d’oxygène, sans sherpa, sans corde fixe. Il atteint le sommet à minuit, après 26 heures d’effort continu, couvrant plus de 3 800 mètres de dénivelé positif sur un terrain extrême. Pour redescendre jusqu’au camp de base avancé, il lui faudra encore plusieurs heures. Au total, l’aller-retour complet jusqu’au camp de base avancé (6 500 m) représente 38 heures d’effort. Jornet n’a pas pu rejoindre le point de départ initial comme prévu, une douleur l’ayant ralenti en descente. À titre de comparaison, les alpinistes professionnels empruntant la même voie tibétaine mettent habituellement trois à cinq jours pour atteindre le sommet depuis ce niveau d’altitude, avec une logistique complète et des bouteilles d’oxygène. La double ascension : cinq jours plus tard, 17 heures L’exploit aurait pu s’arrêter là. Mais le 27 mai, six jours après sa première ascension, Kilian Jornet repart à l’assaut du toit du monde. Cette fois, il s’élance depuis le camp de base avancé à 6 500 mètres d’altitude. Il atteint le sommet en 17 heures, améliorant encore sa propre performance initiale, toujours sans oxygène ni assistance. Cette double ascension en moins d’une semaine constitue un record dans la catégorie : aucun autre alpiniste, à notre connaissance, n’avait réalisé deux sommets de l’Everest sans oxygène dans un délai aussi court. Les sherpas présents au camp de base lui ont d’ailleurs donné le surnom d’« homme-singe », tant sa progression semblait défier la physiologie humaine. Analyse des temps : que disent les chiffres ? Ascension Date Point de départ Temps Conditions 1re ascension 21-22 mai 2017 Monastère de Rongbuk (5 100 m) 26 heures Sans O2, sans corde fixe, sans sherpa 2e ascension 27-28 mai 2017 Camp de base avancé (6 500 m) 17 heures Sans O2, sans corde fixe, sans sherpa Aller-retour total (1re) 21-22 mai 2017 Rongbuk → Camp avancé 38 heures Arrêt forcé en descente Alpiniste classique (référence) Variable Camp de base standard 3 à 5 jours Avec O2 et cordes fixes L’analyse précise des horaires révèle que lors de la première ascension, Kilian a quitté le camp de base avancé vers 4h-4h30 du matin et atteint le sommet à minuit, soit entre 19h30 et 20h de montée nette depuis 6 500 m. Les 26 heures officielles incluent le chemin parcouru depuis Rongbuk. Physiologie hors norme : pourquoi lui ? Tout commence avec une génétique rare. Selon le physiologiste Grégoire Millet, Kilian Jornet présente le profil idéal du coureur d’endurance en montagne : 57 kg pour 1,71 m, 34 pulsations cardiaques par minute au repos et une VO2max entre 88 et 92 ml/min/kg, soit l’une des valeurs les plus élevées jamais mesurées chez un athlète professionnel. Cette capacité à transporter et utiliser l’oxygène de façon ultra-efficace lui permet de fonctionner à haute altitude là où d’autres souffrent d’hypoxie sévère. La zone de la mort, au-dessus de 8 000 mètres, où la pression atmosphérique est trois fois inférieure à celle du niveau de la mer, ne l’a pas empêché de maintenir un rythme de progression soutenu tout au long des 26 heures. À cela s’ajoute une acclimatation naturelle construite sur des années de vie et d’entraînement en altitude. Né en Catalogne, élevé dans un refuge de montagne à près de 2 000 mètres, formé au Centre de Tecnificació d’Esquí de Muntanya, Kilian n’a pas besoin de deux mois pour s’adapter : son corps connaît la montagne de l’intérieur. Le projet « Summits of my Life » : le contexte de l’exploit L’Everest n’est pas une lubie isolée. Il s’inscrit dans le projet « Summits of My Life », lancé en 2012, au cours duquel Kilian Jornet s’est attaqué aux plus hauts sommets du monde en style alpin minimaliste : sans crampons, sans piolet, sans oxygène. Avant l’Everest, il avait déjà signé des records sur le Mont Blanc (4h57), le Cervin (2h52), l’Aconcagua et le Denali. Sur l’Everest, il a été accompagné jusqu’à 7 600 mètres par son ami et caméraman Sébastien Montaz, qui a ensuite réalisé le documentaire Kilian Jornet, Path to Everest en 2018. Le film montre la préparation, la montée et les conditions réelles de cette ascension hors normes. La polémique sur le GPS : un record contesté Dès 2017, l’alpiniste américain Dan Howitt a remis en question la réalité de l’exploit. Sa théorie : la trace GPS de Kilian Jornet se serait arrêtée à 8 650 mètres, soit environ 200 mètres avant le sommet officiel à 8 848 m. La controverse a été relancée en 2019 par le journaliste britannique Adharanand Finn dans son livre The Rise of the Ultra Runners. Kilian Jornet a toujours maintenu sa version, déclarant : « Je sais ce que j’ai fait et j’ai fourni toutes les preuves que j’avais, chaque personne est libre de penser ce qu’elle veut. » La communauté alpine reste divisée, mais aucune preuve formelle n’a jamais démenti son récit. La performance, même réduite à 8 650 m, resterait d’une ampleur inégalée dans l’histoire de l’alpinisme rapide. Avant et après l’Everest : une carrière de records L’Everest 2017 n’est qu’un chapitre d’une carrière construite sur la démesure mesurée. Avant cela, Kilian avait remporté quatre fois le titre de champion du monde de skyrunning, gagné l’UTMB à vingt ans pour la première fois, et battu les records du Mont Blanc, du Cervin ou du Kilimandjaro. Après 2017, il a continué sur la même lancée. En 2022, il bat le record de l’UTMB en 19h49, égalant François D’Haene en nombre de victoires sur la course. En 2023, il tente une nouvelle voie solitaire sur l’Everest via le couloir Hornbein, mais doit renoncer après

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