La musique du départ de l’UTMB, c’est « Conquest of Paradise », une composition du Grec Vangelis, tirée de la bande originale du film 1492 : Christophe Colomb (1992). Depuis plus de vingt ans, ces premières notes solennelles résonnent dans les rues de Chamonix pour lancer les quelque 1 700 coureurs vers les 170 kilomètres du tour du Mont-Blanc. Un titre, un silence dans la foule, puis une onde de chair de poule. C’est l’UTMB.
Une musique choisie au feeling, et adoptée pour toujours
Au début des années 2000, les co-fondateurs de l’UTMB, Michel et Catherine Poletti, cherchaient à créer un moment fort autour du départ. Ils ont écouté de nombreuses musiques de films avant de tomber sur « Conquest of Paradise ». Michel Poletti le raconte simplement : « On se regarde avec Catherine et on dit : c’est celle-là. » L’intuition a été immédiate, et la décision définitive.
À un moment, l’équipe a envisagé de changer de musique pour surprendre. Elle a consulté l’entourage de la course, les bénévoles, les coureurs fidèles. La réponse fut unanime : « Surtout, ne changez pas. » Le titre est désormais indissociable de l’épreuve, au point d’être considéré comme un patrimoine du trail running mondial.
Vangelis, le génie derrière l’hymne des trailers
Vangelis, de son vrai nom Evángelos Odysséas Papathanassíou, est un compositeur grec né en 1943. Il s’est éteint le 17 mai 2022 à l’âge de 79 ans. Son œuvre est immense : les bandes originales des Chariots de feu (Oscar 1982) et de Blade Runner font partie de ses titres les plus célèbres dans le grand public. Mais pour les trailers du monde entier, c’est avant tout l’homme derrière la musique de l’UTMB.
« Conquest of Paradise » est une variation sur un air ibérique du XVe siècle, retravaillé par Vangelis avec des synthétiseurs puissants et des chœurs épiques. Le résultat est une musique à la fois intemporelle et souveraine, qui porte en elle une dimension d’exploration et de dépassement de soi. Elle colle parfaitement à l’esprit d’une course qui défie les limites humaines en haute montagne.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Titre du morceau | Conquest of Paradise |
| Compositeur | Vangelis (Evángelos Odysséas Papathanassíou) |
| Origine | Bande originale du film 1492 : Christophe Colomb (1992) |
| Utilisée à l’UTMB depuis | Début des années 2000 (plus de 20 ans) |
| Droits de diffusion | Payés chaque année par l’organisation |
| Décès de Vangelis | 17 mai 2022, à 79 ans |
| Autre course inspiratrice | Les Templiers (musique d’ERA au départ) |
Un droit d’auteur payé à chaque édition
L’organisation de l’UTMB ne joue pas « Conquest of Paradise » à la sauvage. Les droits de diffusion sont réglés chaque année auprès des ayants droit. Michel Poletti le confirme clairement : « On paye les droits de diffusion à chaque fois qu’on le passe. » Un détail qui témoigne du sérieux et du respect que l’organisation porte à ce morceau et à son auteur.
L’inspiration venue des Templiers
Michel Poletti est honnête sur les sources d’inspiration. L’idée d’associer une musique puissante au départ d’un ultra-trail ne vient pas uniquement de l’UTMB. Ce sont les Templiers, course mythique des Cévennes, qui ont les premiers utilisé une musique d’ambiance au départ, avec les compositions d’ERA. Michel Poletti raconte avoir couru les Templiers au début des années 2010 et avoir « eu des frissons au moment du départ ». Une émotion qui l’a convaincu de reproduire cet effet à Chamonix.
Pourquoi cette musique provoque autant d’émotions

Il y a une explication à la puissance émotionnelle de « Conquest of Paradise » sur les coureurs. La structure du morceau suit une montée en tension progressive, portée par des claviers électroniques graves et des chœurs qui s’amplifient. C’est exactement la dynamique d’un départ de course : l’attente, la concentration, puis l’explosion vers l’effort. La musique et le geste sportif se superposent parfaitement.
Il faut aussi y voir une dimension symbolique forte. Le titre lui-même, « Conquest of Paradise », traduit l’état d’esprit du trailer : conquérir un espace sauvage, repousser ses propres frontières, chercher quelque chose qui dépasse le simple fait de courir. À Chamonix, entouré par les aiguilles et le mont Blanc, ce message prend une résonance particulière.
- Des notes graves et des synthés qui créent une tension immédiate
- Des chœurs épiques qui donnent une dimension collective à l’effort individuel
- Un titre évocateur d’exploration et de dépassement
- Un contexte (nuit, montagne, foule) qui décuple l’intensité sensorielle
- Vingt ans de mémoire collective accumulée autour de ce moment
Une émotion encore plus forte depuis 2022
Depuis le décès de Vangelis en mai 2022, chaque départ de l’UTMB prend une dimension supplémentaire. Le morceau résonne comme un hommage rendu à un artiste qui, sans jamais courir un ultra-trail, a profondément marqué la culture du mouvement. Les trailers qui connaissent cette histoire sentent ce poids supplémentaire lorsque les premières notes s’élèvent depuis les enceintes de la rue du Docteur Paccard.
Un héritage gravé dans l’ADN du trail
Vangelis laisse derrière lui une discographie colossale, mais c’est peut-être dans les jambes des coureurs de l’UTMB que son œuvre vit avec le plus d’intensité. Cette musique n’est pas un générique, ni un fond sonore. C’est un rituel, un moment sacré partagé chaque année par des milliers de personnes venues des quatre coins du monde. Elle appartient autant à la culture du trail running qu’au cinéma.
Pour les passionnés de running qui n’ont pas encore vu ou vécu ce départ en direct, l’édition 2026 de l’UTMB approche. Ces premières notes dans la nuit de Chamonix restent l’un des frissons les plus authentiques que le sport peut offrir. Aucun chrono ne mesure ça.
Quentin, 27 ans, passionné par le Trail depuis plusieurs années. Je vous partage les résultats Trail et Running en live !



